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2009 noeuds
retour vers les choix retour vers les choix     » » voir les vignettes : 2009 noeuds     » photo : Chine Li Sung / n°1 sur 22

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Il y a dans les nœuds de la turbulence.
Comme celui d’un fleuve (voir Li Sung), ou celui d’une chute d’eau (voir Léonard), l’écoulement des fibres s’agite, se divise, échappe à toute prévision, en un mot , turbule.

Le mot « astrein »,qui veut dire "sans noeud" en allemand ou autrichien ,a acquis une connotation morale.
« Nicht ganz astrein » , c’est le type pas correct, pas conforme ...
(un souci de pureté qui fait parfois frémir,ayant dans d’autres domaines fait des ravages)
Pour moi, j’aime les nœuds, comme j’aime que les arbres aient des branches, les hommes des bras.

Or le nœud est considéré comme un défaut du bois.

On appelle défaut ce par quoi l’élément naturel défaille, devant le produit industriel, monotone ou expurgé, mais aussi ce devant quoi notre science défaille, à comprendre, à analyser, à prévoir.

Non content de narguer le savant, ce défaut-là prend le technicien en défaut de faire mieux : jamais nous ne saurons mieux lier des fibres divergentes, ni attacher mieux une branche à un tronc.

C’est ce qui rend pitoyable la plupart des structures arborescentes, et ce d’autant plus qu’elles veulent mimer l’arbre.
Chez lui, tout tient par des nœuds, indéfectibles: ceux liant le tronc aux racines, comme ceux liant au tronc les branches.
En illustration :

Bardage d’une grange ariégeoise

Troncs de pin laricio en Corse

Traverses de chemin de fer à Lapradelle-Puylaurens.